Niamey saisit 13 tonnes de faux médicaments en provenance d’Inde

13 tonnes de médicaments contrefaits ont été saisis le 21 novembre 2017 à Niamey. Selon la police nigérienne, ces faux médicaments fabriqués en Inde sont arrivés via un port ghanéen. Ces produits, destinés au marché local, ont bénéficié de «la complicité d’un agent corrompu» d’une société officiellement agréée dans la distribution de produits pharmaceutiques.

1810 cartons de faux médicaments ont été saisis par la police nigérienne, des antalgiques et des anti-inflammatoires, ne comportant ni référence du fabriquant ni étiquettes. Sur un des emballages, on peut même lire: «Laissez à la portée des enfants.»

«Cela fait mal aujourd’hui de constater que le Niger devient le dépotoir de ces produits», a dénoncé Chaïbou Samna, le procureur de la République à Niamey.

Le marché des faux médicaments est florissant au Niger, où ils sont vendus à la criée, en ville et à proximité des pharmacies officielles. Depuis des décennies, syndicats et propriétaires de pharmacies demandent aux autorités de démanteler les réseaux de trafiquants, derrière lesquels se cachent parfois d’influents commerçants et hommes politiques. En juin 2017, les autorités avaient annoncé la saisie de faux vaccins contre la Méningite.

Toute l’Afrique concernée
L’Organisation mondiale des douanes (OMD) et l’Institut international de recherche anti-contrefaçon de médicaments (IRACM) ont mené en septembre 2016 une opération commune à l’encontre du trafic de faux médicaments. L’opération ACIM a permis de saisir 113 millions de produits pharmaceutiques illicites. ACIM a mobilisé 16 administrations douanières africaines durant 10 jours. Des contrôles ont été menés simultanément dans les principaux ports du continent. Plus d’un conteneur fouillé sur deux renfermait des médicaments falsifiés. En valeur, les saisies – principalement au Nigeria, Bénin, Kenya et au Togo – ont atteint un montant à la revente estimé à 52 millions d’euros.

Les faux médicaments sont un fléau en Afrique. Depuis 2012, les actions conjointes des deux organismes ont permis de saisir 869 millions de médicaments contrefaits. Leur valeur marchande a été estimée à 400 millions d’euros. D’après l’OMS, selon les pays d’Afrique, de 30 à 60% des médicaments sont contrefaits.

En 2013, la même OMS lançait un système mondial de surveillance pour notamment mesurer l’ampleur de ce problème. Depuis ce jour, 920 produits médicaux ont été signalés, appartenant à toutes les principales classes thérapeutiques.
«Les pays en développement constituent une cible évidente pour les faussaires, en raison du fait que le prix des médicaments licites est souvent hors de portée du plus grand nombre et les contrôles plutôt laxistes», explique l’organisation.

Inde, Chine, Russie
Etonnamment, les organismes spécialisés comme l’OMS ne s’étendent guère sur l’origine de ces produits. Tout juste citent-elles Interpol, pour qui il y a des cas de contrefaçons de médicaments dans toutes les régions du monde. «Il existe un flux de produits venant de partout et allant partout, tant il y a de plaques tournantes», déclare Aline Plançon d’Interpol. Cela dit, Chine, Inde et Russie en constituent le trio de tête.

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