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Niamey: Vernissage de l’exposition « Forêts claires-Forêts obscures » de Melle Fatouma Akina : Coup de projecteur sur les croyances animistes

28 Jan 19
voiceniger
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Le Centre Culturel Franco-Nigérien (CCFN)-Jean Rouch de Niamey a servi de cadre, le 23 janvier dernier, au vernissage de l’exposition de Melle Fatouma Akiné. C’était une exposition agrémentée d’une belle mise en scène. Le thème de l’œuvre est inspiré du livre de l’écrivain sénégalais Felwine Sarr « Dahij ». C’est le Directeur général du CCFN Jean Rouch de Niamey, M. Olivier Lange qui a présidé la cérémonie de lancement de l’exposition qui durera six (6) jours, du 23 au 28 janvier 2019. L’on notait à cette occasion, la présence plusieurs artistes et amateurs d’arts.
L’exposition présente un ensemble de toiles, collages, croyances et trois installations à base d’objets traditionnels et symboliques de la culture nigérienne mélangés à des éléments de récupération. Dans le tableau constituant cette œuvre, le public a apprécié le spectacle de danse-transe accompagné d’un texte de slam. Un cocktail que l’artiste a bien voulu offrir au public.

Pourquoi le choix de ce titre pour un tel spectacle ?

Dans son livre Felwine Sarr écrit qu’il « arrive un jour où chaque homme doit traverser sa propre forêt. Dense ou clairsemée, obscure ou éclaire, (…). Assumer sa part de l’obscurité du monde. Chasser un peu de sa nuit et porter sa part du jour du monde ». C’est cette pensée de fois philosophique et empirique que la jeune artiste a choisi de développer et de traduire en exposition et spectacle. « C’est une pensée que j’ai découverte et qui m’a inspirée. Après mure réflexion j’ai décidé de créer cette œuvre », a confi Melle FatoumaAkiné.
Née au Niger, grandi au Mali et ayant voyagé dans la sous-région et en Libye, Fatouma Akiné revendique son métissage culturel tout en gardant une identité nigérienne forte. Elle a choisi, pour cette première exposition individuelle, d’évoquer l’animisme, l’invisible, l’âme qui habite toute chose. « C’est ça, l’appel de la forêt » explique-t-elle.
Pour suivre ce spectacle, il faut avoir une concentration et surtout garder le sang-froid, car l’artiste laisse voir un tableau mystique. L’exposition a eu lieu dans le hall d’exposition du CCFN. C’est dans un espace sombre, éclairé aux bougies et à des lampes à pétrole que l’artiste a voulu présenter sa danse-transe. Le décor est fait avec plusieurs objets et tableaux qui renvoient à l’animisme. Dans un petit moment l’artiste plonge son public dans les réalités rituelles et les croyances animistes typiques de nos sociétés africaines.
« Si j’ai décidé d’aborder ce thème, c’est parce que j’ai remarqué que cette tradition est devenue comme un tabou et de plus en plus on en parle plus. Et si on n’en parle pas, cette riche tradition disparaitra. Voilà pourquoi j’ai décidé de briser le silence et ressusciter cette belle tradition, cette magnifique culture, cette croyance qui à tout son sens et sa place dans nos sociétés traditionnelles. C’est autant pour moi une manière de dire à ceux qui y croient et qui ont peur d’en parler de se libérer», a déclaré Melle Fatouma Akiné.
Pour sa part, le Directeur Général CCFN Jean Rouch de Niamey, M. Olivier Lange s’est réjoui de cette prestation et a encouragé la jeune artiste. « C’est une jeune fille qui a plein de talent, engagée, déterminée et qui dispose d’un potentiel important. Je la félicite et l’encourage », a-t-il dit.

Ali Maman(onep)

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