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Le Groupe de rap ONEENS (On Est Ensemble) : Rocksim et Frédozo, un duo qui porte loin la voix du Niger dans le showbiz international

28 Juil 18
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Connu à l’origine pour son style exclusivement inspiré par le Rap et le Hip Hop, le groupe ONEENS s’impose aujourd’hui dans les rythmes RnB, musique urbaine originaires des Etats-Unis dont raffole la jeunesse nigérienne et internationale. Après la sortie réussie de leur chanson « Together » en septembre dernier, le duo Gélé Karim Rock alias Rocksim et Frederik Bali Komenati alias Frédozo revient avec un titre positivement accueilli par la critique continentale : « On ne dodo pas ». En effet, depuis sa sortie au début de ce mois de juillet, ce dernier clip est devenu viral dans les « playlists » des chaines musicales africaines de référence comme Trace Africa, DBM et BBlack.

La performance du groupe de musique ONEENS n’est que le reflet du parcours et de la vision partagés de ses deux artistes membres. Tout est parti de la même passion musicale qu’avaient beaucoup de jeunes de leur génération, au lendemain de l’époque où le Niger découvrit le phénomène du genre musical Rap. Cependant, issus de deux (2) différents groupes, les jeunes artistes nigériens ont vu leurs ambitions se croiser, dans les circonstances des tournées et animations, qui s’organisaient dans les quartiers de Niamey, pendant les vacances.
D’une part, Roksim constituait avec Whezzow, un autre artiste, la formation Mad-Max et, de l’autre, Frédo était en solo après avoir évolué avec le groupe Enyonam. Renforcés par leur lien de parenté, les cousins se sont ainsi rapprochés et ont commencé à se partager les scènes sous la dénomination Mad-Max-Frédo. « D’où la création en Août 2003 du groupe ONEENS (On Est Ensemble), l’illustration parfaite pour exprimer l’esprit commun du trio aspirant aux mêmes objectifs, dans une vision commune et d’une affinité uniforme », a indiqué Roksim.
Il précise qu’à la suite, l’aventure à trois n’a pas été longue car «l’autre artiste, Whezzow, a dû très tôt laisser le groupe pour des raisons personnelles incontournables », dit-il.
En dépit d’un silence d’environ sept (7) années d’affilée, le groupe compte actuellement, selon les deux frères, deux (2) albums sortis sur le marché. Et garde au frais un troisième album. Fredozo parle en ce sens d’un changement de directive. « Il n’est plus question de sortir en bloc les albums mais plutôt des morceaux  » en son hit  », de façon à permettre à chaque chanson de faire son temps et son buzz. Puisque, sortir des multiples sons en album de nos jours ne permet véritablement pas à d’autres sons constituants l’album de charmer le public. Raison de plus du changement de méthode d’album en son « hit clippé », la nouvelle stratégie ONEENS », a-t-il expliqué.
Attaché à l’originalité, la formation a su exprimer son talent dans le nouveau style musical dit urbain. Il s’agit des touches assaisonnées de plusieurs aspects, notamment du Rap, de la Pop, de laTrap, du ragga, de la salsa et souvent un peu du Coupé décalé. L’essentiel étant de rester dans une grille musicale souple à un large public au-delà des frontières ; en cette ère de mondialisation, les jeunes artistes d’ONEENS personnalisent leurs productions en y apportant un minimum d’empreinte locale, pour une meilleure représentation de la culture nigérienne, à l’échelle internationale. « A nous écouter, automatiquement, l’on reconnait l’accent et le ton propres qui ne se réfèrent qu’à nous, à notre style musical de tous les temps que nos fans du public nigérien ont connu et apprécié », a estimé Roksim.
Par ailleurs, la vive inspiration du groupe est assimilée à l’image des célèbres duos P. Square du Nigéria et Toofan du Togo. « Le défi est de faire rayonner valablement notre cher pays le Niger à l’échelle internationale comme le font si bien ces derniers pour le grand plaisir des Nigériens d’ici et de la diaspora », mentionne Frédozo. En conséquence, l’exploit du duo ONEENS est remarquablement l’une de ces fiertés qui défendent les couleurs de la culture nationale ; « voir d’une manière aussi régulière des clips vidéos de chez nous, joués sur ces chaines internationales vues de partout à travers le monde, est un véritable succès. D’abord c’est une marque de présence qui met en évidence nos compétences et nos richesses culturelles, dans cet univers où on nous croyait moins compétitifs. En plus, cela redonne confiance aux artistes du pays en général et surtout à sa nouvelle génération », se réjouit Roksim.
L’impression du devoir accompli, la satisfaction plus au moins totale du travail bien fait, étant donné que d’un pays où la musique n’est pas considérée comme un métier, en arriver là ne ressemble guère à une chose aisée. Un temps, la formation musicale a évolué en affrontant divers obstacles, jusqu’à observer un temps de silence.
C’est un challenge en somme, le mérite est au bout de l’effort. On est fier de nous-mêmes, de l’effort fourni et de la méthode observée, mais également fier de tous ces hommes et femmes qui ont cru en nous et nous ont soutenus, accompagnés dans ce processus de retour prospère. Ce retour en force prouve notre ascension dans le showbiz local comme international après ce si long silence (sept ans). Beaucoup, pour ne pas dire personne, ne s’y attendait vraiment et pas d’un retour aussi réussi».
Pour l’avenir, en termes de projet, la philosophie artistique de ONEENS repose principalement sur un certain perfectionnisme et s’inscrit dans l’optique de professionnalisation. Suivant ces motivations orientées vers la perfection,« seul le travail paie », selon Frédozo qui ajoute que c’est dans le souci vraisemblable de défendre les couleurs de la musique nigérienne dans le showbiz musical international.
« Il est grand temps qu’on parle du Niger sur les plateformes musicales mondiales, sur les chaines internationales, qu’on soit au rendez-vous du concert des nations, globalement dans tous les secteurs importants de la société, tels que la musique. Ceci, pour la fierté de la nation et l’immense plaisir des mélomanes nigériens », conclut-il.

Mahamane Chékaré Ismaël
(Stagiaire)

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