Catégorie : Culture

Solaire made in Africa, de Malam Saguirou : L’œuvre du Pr Abdou Moumouni Dioffo

27 Avr 19
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«Abdou Moumouni Dioffo est issu d’une famille Fulbe de Kirtachi. Il a fréquenté l’école régionale de Zinder et l’école primaire supérieure de Niamey. À partir de 1944, il entra à l’École normale William Ponty, l’ancien cadre de l’Afrique occidentale française. Il a obtenu son diplôme en 1948 au lycée Van Vollenhoven de Dakar avec une spécialisation en mathématiques élémentaires. Moumouni a été admis aux classes préparatoires du lycée Saint-Louis à Paris, qu’il a achevées de 1948 à 1950. Il a ensuite étudié à l’Université de Paris, où il a obtenu son diplôme en physique en 1953, suivi d’un Diplôme d’études supérieures en physique l’année suivante. Il a été membre fondateur de la Fédération des étudiants d’Afrique noire en France, l’association des étudiants d’Afrique subsaharienne en France. En 1956, il est devenu le premier Africain à acquérir l’Agrégation de physique. Moumouni a enseigné au lycée Van Vollenhoven de Dakar de 1956 à 1958. Il était l’un des membres fondateurs du Parti africain de l’indépendance (PAI), un parti marxiste-léniniste au Sénégal. À partir de 1958, il enseigne au lycée Donka de Conakry, en Guinée, jusqu’à son retour au Niger en 1959, où il enseigne au Collège classique et moderne de Niamey. Il était un partisan du parti de gauche Sawaba. Il avait ceci en commun avec nombre de ses étudiants, qui l’ont également soutenu lors de sa suspension en 1961 pour des raisons politiques en tant qu’enseignant. Moumouni a ensuite reçu une bourse de l’Académie des sciences de l’URSS, avec laquelle il a poursuivi ses études en Union soviétique jusqu’en 1964, où il a approfondi ses connaissances de l’énergie solaire».

Cette biographie de Abdou Moumouni Dioffo démontre qu’il était un homme de sciences, un militant pour son pays, une personne engagée et un précurseur de l’utilisation de la thermodynamique pour le développement et l’autosuffisance énergétique en Afrique et plus précisément dans son pays le Niger. Décédé en 1991, Abdou Moumouni Dioffo qui avait une vision d’avenir pour son pays a laissé un héritage qui reste à exploiter.

Le documentaire de Malam Saguirou permet de comprendre que les défis autour du développement des pays Africains sont importants et que le manque de vision des dirigeants africains est une l’une des causes majeure qui relie encore aujourd’hui le continent noire à la traine de la modernité.

C’est d’ailleurs sur fond de témoignages des personnes qui ont connu Abdou Moumouni Dioffo que le cinéaste fait un fabuleux travail de collecte de données pour délivrer un message d’espoir pour dire que l’Afrique est capable de miracles en donnant une importance à l’éducation et à la recherche.

Le documentaire qui était en sélection officielle du FESPACO 2019, est au programme du 35e festival international de cinéma Vues d’Afrique.

Réda Benkoula

Lesahel.org

Styliste, créatrice de mode et conseillère en image Mme Bellamy Biba Amadou Kountché : La marque  »Mabiba » fascine par ses créations

31 Mar 19
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Basée à Paris en France, la styliste, créatrice de mode et conseillère en image Mme Bellamy Biba Amadou Kountché, est nigérienne. Après trois (3) ans d’exercice pratique, elle sort la marque  »Mabiba » qui propose un style moderne avec un détail qui frappe et qui fait la différence, créant ainsi la surprise. Le samedi 28 février dernier, à l’occasion de la présentation de sa première collection avec pour thème »la paix au Niger  »et pour slogan  »le Niger se porte et s’exporte », elle a fait découvrir au public, composé notamment de grands stylistes comme Alphadi, la touche Mabiba qui est une signature de la culture occidentale et africaine par des pièces
sublimes.
Alliant inspiration occidentale et africaine, Mabiba maitrise son travail, du dessin à la confection. Sa vision de la mode : pas d’extravagance, il faut seulement selon elle que l’originalité, la simplicité prime sur tout autre aspect. Dans ses créations, elle utilise beaucoup de matières tirées de la culture nigérienne, notamment la broderie, l’artisanat d’Agadez et met en avant différents types de tissus, de textiles qu’elle assemble, ajuste dans un style novateur. Selon ses explications, pour ce défilé de sa première collection, le hall d’entrée du Palais des Congrès de Niamey a été complètement réaménagé avec un décor sublime pour accueillir l’édition de défilé de mode de la nouvelle marque de ligne de vêtement et accessoires  » Mabiba ». Une collection en toute fluidité, en toute simplicité dans l’élégance, la modernité également avec des détails de la couture, inspiration touarègue. Ses filles ont défilé en couleur blanche qui représente la pureté, le mélange des matières comme le Bazin, la soie, le coton et tous ces tissus achetés ici au Niger pour contribuer à l’économie locale et surtout confectionner avec finesse pour créer de l’emploi au Niger. Les vêtements Mabiba sont particulièrement destinés aux hommes et aux femmes actives et modernes. Mabiba crée des tenues audacieuses à la fois actuelles et pratiques.
Suite à une reconversion professionnelle, elle a eu à travailler en immersion dans des magasins très connus en France lui permettant de comprendre le métier et de monter parallèlement son projet de création de mode. Mme Bellamy développe d’autres activités à sa marque pour la faire rayonner davantage tout en essayant de faire tout en douceur pour inonder les marchés.
 » J’aime des tissus et des créations qui racontent des histoires »
« Je me suis lancée dans la mode, j’aime voir les gens qui entreprennent et qui ont envie d’être utiles. Je puise mon inspiration de mon environnement, surtout je m’inspire de ma culture, des hommes et des femmes. Je suis toujours à l’affût de la nature, du paysage et de tout ce qui est beau et bien à regarder », raconte-t-elle. Mabiba commence effectivement à se faire connaitre pour ses modèles futuristes au style à la conquête de l’espace. L’idée qu’on se fait de la mode africaine nous pousse à être ambitieux, de proposer des nouvelles choses et d’aller toujours plus loin.
Mme Bellamy avoue que la création n’est pas du tout facile ; c’est comme, a-t-elle dit, être un chanteur où il y’a des hauts et des bas. Malgré les difficultés, il ne faut point baisser les bras. Pour la styliste, il n’y a pas de magie : seul le travail, la détermination, la rigueur paient. L’Afrique peut renaitre et elle y croit fermement. Ce que Biba donne comme conseils, c’est de vraiment s’investir et petit à petit les choses iront mieux, il ne faut point se presser.
« Je ne suis pas toujours habillée en wax mais c’est un tissu que j’aime beaucoup, que j’ai déjà travaillé dans une de mes collections. On peut le porter pour être moderne, ce n’est pas uniquement réservé à nos ainées et ou à nos mamans. Ce tissu est non plus une tenue réservée exclusivement pour les cérémonies de baptême et de mariage. On peut porter le wax pour des sorties entre amis, des diners, des cocktails ; en le travaillant, on essaie juste de le faire revivre, de l’ennoblir à notre goût. J’aime surtout tous les tissus qui racontent une histoire, montrer la valeur, l’identité de ces derniers. Nous créateurs, nous devons aller au fin fond des villages et hameaux à la rencontre des artisans, des tisserands traditionnels qui font du très beau travail, valoriser nos tissus au plan international, c’est ainsi que nous grandissons », a soutenu Biba Amadou Kountché.

12ème édition du FIMA en marge du Sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union Africaine en 2019 à Niamey : Le FIMA de retour à Niamey

09 Mar 19
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Le Promoteur du Festival International de la Mode en Afrique (FIMA) M. Seidnaly Sidahmed Alphadi a organisé une conférence de presse, hier matin, à l’auditorium Sani Bako du Ministère des Affaires Etrangères. Cette conférence de presse a pour Objectif d’informer l’opinion nationale et internationale sur la tenue, en juillet 2019, à Niamey, de la 12ème édition dudit festival. C’est le ministre du Tourisme et de l’Artisanat M. Ahmed Boto qui a présidé cette conférence de presse en présence du Ministre Conseiller du Président de la République et Directeur Général de l’Agence UA 2019 M. Mohamed Saidil Moctar, du Secrétaire Général du Ministère de la Renaissance Culturelle, des Arts et de la Modernisation Sociale, M. Harou Moussa, du Coordonnateur du CELHTO et chef de mission de l’Union Africaine au Niger, M. Komi Tublu, du Représentant Résident de l’UEMOA au Niger, M. Serigne Mbacke Sougou et de plusieurs autres invités.
A l’entame de cette conférence, le promoteur du FIMA a, dans son mot introductif, salué l’ensemble des partenaires du FIMA. Il a exprimé toute sa reconnaissance aux plus hautes autorités nigériennes pour le soutien et les appuis nécessaires qu’elles ne cessent d’apporter au Festival.
Il a profité de cette occasion pour exprimer tout son engagement et toute sa volonté de poursuivre son effort de promotion de l’Art, de la Mode et de la Culture africaine en générale et celle du Niger en particulier.
Alphadi a aussi réitéré son engagement à apporter son soutien au Niger dans l’organisation du Sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union Africaine.
Le FIMA sera de retour au Niger. Ainsi en prélude à l’organisation de ce sommet, la 12ème édition se tiendra à Niamey.
A cette occasion, le promoteur a annoncé plusieurs activités dont entre autres : un salon de mode, un colloque international pour le financement de la mode, un cadre d’échange entre les artisanats, les créateurs et les acteurs de la chaine artistique et de la mode, et bien d’autres surprises, a-t-il annoncé.
Prenant la parole à leur tour, le Coordonateur du CELHTO, le Chef de Mission de l’Union Africaine au Niger, M. Komi Tublu, et le représentant Résident de l’UEMOA au Niger, M. Serigne Mbacke Sougou ont réitéré l’engagement de leurs institutions respectives à accompagner l’organisation de cette 12ème édition. Ils ont aussi rendu un grand hommage au promoteur du FIMA pour son engagement dans la promotion de l’Art et de la culture
africaine.
Au nom du ministre de la Renaissance Culturelle, des Arts et de la Modernisation Sociale, empêché, le Secrétaire Général dudit ministère M. Harou Moussa, a lui aussi salué cette initiative avant de réitéré les encouragements de son ministère.
Le ministre du Tourisme et de l’Artisanat et le Directeur de l’Agence UA-Niger 2019 ont quant à eux réitéré l’engagement du Gouvernement a accompagné cette initiative d’Alphadi. Ils ont souligné que c’est une occasion en or pour notre pays de se faire connaitre
davantage aux yeux du monde entier. Les deux ministres ont aussi invité tous les Nigériens à soutenir cette initiative, creuset de paix, d’intégration africaine et du développement.

 

Le Sahel

People: John Sofakolley refait surface

09 Mar 19
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A l’état civil, il se nomme Abdou Halidou Maiguizo, mais tout le monde l’appelle John Sofakolley. Une carrière en dents de scie mais un talent indéniable pour celui qui vient de loin et qui participe à des causes humanitaires.
Avant les années 2000, Abdou Halidou Maiguizo était en vue sur la scène musicale nigérienne. Il l’était tant pour son savoir-faire, que pour son engagement et sa créativité. A travers cet art, il a inspiré plus d’un. Il aime jouer de la guitare, un instrument avec lequel il se balade partout, toujours accroché à ses épaules
« Mes parents étaient des exodants qui ne voulaient point que je chante car ne venant pas d’une lignée de griots. Mais à force de chanter et d’imiter les grandes voix musicales, j’ai abandonné les bancs de l’école en classe de 3ème pour me consacrer uniquement à ma passion. Ainsi, de 1974 à 1881, j’étais parti voir mon oncle au Mali pour apprendre les BA.ba de cet art, lui fait de la musique et a su se frayer un chemin dans le monde musical malien. Une fois là-bas, j’étais  »la bonne à tout faire » en ce sens que tous les sales boulots me sont confiés. Je transportais leur matériel de musique, on m’envoyait pour acheter les paquets de cigarettes, des petites choses de moindre importance pour me décourager. Et moi je savais pourquoi je suis là, donc j’acceptais sans broncher et au finish ils ont compris ma témérité et ont commencé à m’apprendre la musique » a souligné l’artiste. Ainsi, il fait ses premiers pas avec les maliens avant de retourner au bercail et là, dans les années 85, il a commencé à fréquenter le Centre de Formation Professionnelle et Technique. « Je partais pour des répétitions et je rends grâce à Allah pour cet apprentissage. Et remercier profondément ceux qui m’ont soutenu et continuent à m’épauler. Merci pour tous ceux qui ont pris de leur temps pour me polir et m’aider dans cette carrière musicale » se réjouit-il.

Le temps de gloire et le retour sur scène

A travers ces mots aimables, on comprend aisément, la joie qui anime notre artiste de faire de cet art un vrai métier. Mes amis et mon oncle m’ont d’ailleurs encouragé. C’est de mon oncle que vient mon goût pour la musique, il aimait beaucoup chanter et s’adonnait corps et âme à ce métier, donc je ne peux que suivre ses pas. J’ai fait le tour du pays avec lui pour ses concerts. J’ai un peu pris de l’âge et ce qui est d’ailleurs inévitable, le plus important aujourd’hui pour moi c’est d’aimer ce que je fais et de continuer à servir mon pays. Toutes ces années passées à l’extérieur c’est de l’expérience.
Parlant toujours de sa carrière il rappelle qu’il a été pour la première fois sur scène en 1982. Il était guitariste et chanteur. C’est ainsi qu’il s’est fait connaitre par le public nigérien à travers le Prix Dan Gourmou lors duquel il a décroché le premier prix en février 1989. Il composait des supers sons depuis Dosso dont les plus connus par les Nigériens Dosso Bangou, Taboussissé,…. Parmi ses tubes, plusieurs ont eu un succès fou auprès du public, grâce auquel il a beaucoup voyagé dans tout le Niger. John s’est également produit dans plusieurs pays notamment au Japon où on lui a appris à jouer la guitare. Un parcours qui n’a pas été sans difficultés, a-t-il expliqué la première difficulté est d’ordre financier. «Trouver de l’argent pour se produire, ce n’est pas facile. Raison pour laquelle de nombreux artistes talentueux restent dans l’ombre. L’autre difficulté, c’est la piraterie, une vielle maladie qui nous ronge progressivement. Nous sommes là les anciens qui avions tout donné à la musique mais nous sommes négligés. Beaucoup de nos artistes, nous les avions formés pour être là où ils sont présentement. Je veux sortir un album, par manque de moyens, j’ai un peu arrêté. J’ai mon groupe arc en ciel avec Sofakolley en février 1989 le premier prix dan Gourmou. En 1993, j’ai changé le groupe en  »Saguera » et cela a bien marché car j’arrivais à avoir des commandes pour des animations lors des grandes soirées culturelles. Je viens de finir l’album qui veut tout simplement dire en langue locale  » je suis de retour ». Nous avions plein de projets avec Malam Barka mais malheureusement il nous a quittés » a-t-il soutenu.

L’album  » John et wizza »

Selon John, «cette génération des années 80-90 fait de la bonne musique et l’actuelle est en train de tituber. De nos jours les musiciens veulent s’enrichir vite. Ils rêvent beaucoup. Ils ne veulent pas fournir assez d’efforts et veulent à tout prix grandir. Seule la patience paie ». Le nouveau groupe de John s’appelle donc » Wizza » pour dire qu’il est de retour, «je reviens en force pour montrer les vrais talents du Niger. Nous sommes huit dans le groupe, avec des choristes, des batteurs, des guitaristes, des solistes, des pianistes, des chorégraphes….Nous évoluons en équipe et nous nous entendons bien. J’ai collaboré avec beaucoup d’artistes qui sont bien connus sur le plan national. J’aborde des thématiques les plus sensibles sans heurter la sensibilité des uns et des autres. Cela n’empêche pas à ce que le message passe. Je reste respectueux de toutes nos valeurs positives. D’ailleurs, tout le monde sait que travailler honnêtement et à la sueur de son front pour gagner sa vie est une règle de la vie qui est très recommandée par l’islam » a-t-il précisé avant d’indiquer que les autorités doivent aider les artistes afin de faire sortir des vrais albums, des albums dignes et compétitifs. La culture a besoin d’être réorientée, et aux artistes de s’unir, d’être solidaires.
«En ce qui concerne mes projets, j’en ai plusieurs que je suis en train de préparer avec mon groupe wizza. Nous sommes en répétition pour des nuits nostalgiques que nous comptons organiser en collaboration avec certaines institutions de la place.»

Cinéma: Bibata est partie : La véritable histoire d’une femme

05 Mar 19
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Sorti en 2018, le film « Bibata est partie », est un court métrage de 30 mn de la réalisatrice nigérienne Nana Hadiza Akawala. Dans ce documentaire, elle est à la recherche de son amie perdue de vue depuis une dizaine d’années. En selection aux compétitions du 26ème FESPACO, le film tourné en langue Zarma, et sous titré en français a été projeté le 27 février dernier au ciné Nerwaya de Ouagadougou.

Bibata était une de ces femmes communément appelée « bonne ». Elle était la femme de ménage de la famille de la réalisatrice. Un jour, Bibata a dû rentrer dans son village pour rejoindre son mari de retour d’exode. La femme avait promis de revenir après quelques jours, mais elle ne reviendra jamais. Une dizaine d’années après, Nana Hadiza Akawala a décidé d’aller à la recherche de son amie, qui lui avait laissé en guise de souvenir un petit objet artisanal. Malheureusement au bout d’une quête qui l’amène des rues et bidons villes de Niamey, à Kobi, le village où finalement Bibata s’était remariée, la réalisatrice apprend la triste nouvelle : Bibata est partie à jamais, car elle a perdu la vie, en donnant naissance à son troisième enfant, une petite fille.
Le documentaire est émouvant dans cette séquence où la réalisatrice est présentée aux trois enfants de sa défunte amie. Elle se console avec foi, se disant qu’en fait elle a retrouvé Bibata, car elle a vu ses propres enfants.
Dans la recherche de son amie Bibata, la réalisatrice explore l’univers de ces travailleuses domestiques vivant dans les bidon-villes de Niamey. Ce troisième documentaire professionnel de Nana Hadiza Akawala jette un faisceau de lumière
sur le milieu de ces travailleuses domestiques appelées « bonnes ». On découvre ainsi cette communauté, composée de femmes immigrées de tous les âges, attachées à leur tradition, en quête d’un mieux être pour elles et leurs familles laissées dans les villages.
Aussi, ce documentaire plaide pour une humanisation des rapports entre les employeurs et les travailleurs domestiques, en l’occurrence les « bonnes ».

Fin de la 26ème édition du FESPACO : L’étalon d’or de Yennenga pour Joel Karekezi du Rwanda avec  »the Mercy of the jungle »

04 Mar 19
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Les lampions du 26ème Festival Panafricain du Cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO) se sont éteintes le 2 mars dernier au Palais des sports de Ouaga 2000, avec une cérémonie officielle de clôture très grandiose. Plusieurs personnalités dont les présidents Paul Kagamé du Rwanda, Ibrahim Boubacar Keita du Mali et l’ancien président ghanéen John Jerry Rawlings étaient à cette occasion aux côtés de Roch Marc Christian Kaboré, président du Faso. À l’issue d’une cérémonie riche en décibels et en animation, les lauréats de cette 26ème biennale ont été dévoilés avec comme point d’orgue l’annonce du nom du réalisateur qui a remporté l’étalon d’or de Yennenga, le jeune rwandais, Joel Karekezi avec son film the Mercy of the jungle, 90 mn, sorti en 2018.
La fiction qui a remporté l’étalon d’or de Yennenga a pour sujet les conflits qui se déroulent entre des groupes armés et des forces régulières dans cette zone poudrière de la République Démocratique du Congo vers le Rwanda. À travers ce film, le réalisateur porte un regard sur une guerre floue. Le trophée est accompagné d’un montant de 20 millions de francs CFA. Aussi, le prix de la meilleure interprétation masculine a été décerné à Marc Zinga, l’acteur principal du film qui a joué le rôle du sergent Xavier. Le Rwanda pays invité de cette 26ème édition du FESPACO a fait ainsi une mémorable participation.
Pour ce qui est de l’étalon d’argent, il a été décerné au réalisateur égyptien Khaled Youssef pour son film  »Karma ». L’étalon de bronze est revenu au tunisien Ben Mohamoud pour son film  »Fatwa ». Cette fiction qui évoque la question du radicalisme religieux a eu également le prix de l’Union Africaine pour la paix et la sécurité. Des prix techniques ont été attribués à d’autres fictions dont  »Rafiki »,  »Desrances »,  »Keteke »,…
À partir de cette édition les documentaires en compétition sont dotés du trophée de l’étalon d’or de Yennenga et 10 millions de francs CFA.

C’est la jeune réalisatrice burkinabè Aicha Boro, qui est la première lauréate de ce prix avec son documentaire  »le loup d’or de Balolé ».
Pour les prix spéciaux, le Burkina Faso s’est imposé en raflant six sur les 14 qui ont été décernés. « Desrances » de la Burkinabè Apolline Traoré a eu deux prix spéciaux de dix millions FCFA. Il faut ajouter également pour le Burkina Faso le deuxième prix des films des écoles décerné à Ismael Césaire Kafando de l’Institut Supérieur de l’image et du Son/ Studio Ecole / ISIS/SE, avec « Maison de retraite ».
Environ 110 millions FCFA ont été décernés à des longs et courts métrages et à des films documentaires pour les 14 prix spéciaux, qui sont accompagnés de trophées.
Intervenant à la clôture du FESPACO, le délégué général a indiqué que plus de 140 millions de francs CFA ont été distribués pour les différents prix. Et plus de 400 séances de projections ont eu lieu dans les différentes salles de cinéma de la ville.

 

Le Sahel

Première édition du Hottungo de Birni N’Gaouré : Un grand rendez-vous dédié au renforcement de la cohésion sociale

13 Fév 19
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Le quartier Silinkaye, dans la commune urbaine de Birni N’Gaouré, a abrité du 9 au 10 février 2019, sa première édition du Hottungo, ou fête annuelle des éleveurs. L’événement a été organisé par l’association des éleveurs Kawtal Waafakey avec l’appui du Ministère de l’Agriculture et de l’Elevage, du Haut-Commissariat à l’Initiative 3N, du Millénium Challenge, de la Haute Autorité à la paix et des organisations professionnelles d’élevage. Le thème retenu pour cette année est « Quel cadre de concertation et d’échanges culturelles pour une transhumance apaisée avec 0 conflit, 0 perte en vie humaine entre les communautés pastorales et agro-pasteurs de la région de Dosso à l’horizon 2021 ».
Le Hotungo est une fête annuelle des éleveurs, une opportunité pour eux où se créent des unions, des opportunités socio-culturelles. C’est un cadre de retrouvailles, de concertation et d’échanges culturels pour les éleveurs. C’est aussi une occasion pour les autorités et autres acteurs de développement de lancer des appels à l’endroit des populations pour la gestion durable des ressources naturelles, la prévention des conflits agriculteurs-éleveurs et bien d’autres sujets d’actualités.
La cérémonie a été placée sous la présidence du ministre d’Etat, ministre de l’Agriculture et de l’Elevage, M. Albadé Abouba, en présence du 4ème vice-président de l’Assemblée nationale, de plusieurs députés nationaux, des membres du gouvernement, de nombreuses personnalités civiles et militaires, de plusieurs invités de marque venant des pays voisins notamment le Nigéria avec la délégation de l’émir de Gondou Elhadj Mohamed Illiassou Bachar ; le Burkina Faso ; le Ghana ; des artistes renommée du Niger, du Nigéria et du Burkina Faso étaient aussi de la fête ; des forums, des conférences ont aussi constitué le menu des manifestations.
Dans l’allocution qu’il a prononcée en cette circonstance, le ministre d’Etat, ministre de l’agriculture et de l’élevage, M. Albadé Abouba a indiqué que la présence , massive de tous ceux qui ont effectué le déplacement témoigne de l’intérêt qu’ils portent au secteur agro-pastoral dans son ensemble et plus particulièrement au secteur de l’élevage. Le Hottungo, a dit en substance le ministre de l’agriculture et de l’élevage, offre un espace d’interaction, de partage et de communion pour mieux valoriser l’agro-pastoralisme. Cette heureuse initiative a-t-il précisé est une preuve concrète de la forte adhésion et la pleine implication de la politique agricole du Niger de l’initiative 3N, dont l’objectif fondamental est l’éradication définitive de la faim et de la pauvreté dans notre pays.
Tout au long de son intervention, M. Albadé Abouba s’est longuement appesanti sur le programme de renaissance acte 2, qui fait de la sécurisation du secteur animal une priorité par des mesures fortes. Le ministre d’Etat a également évoqué la problématique du pastoralisme. M. Albadé Abouba a exhorté toutes les organisations pastorales, paysannes, les producteurs, les consommateurs, les distributeurs, les organismes de recherche, les ONG, les industriels agropastoraux à beaucoup plus d’initiatives d’organisation et de synergie pour une production quantitative, qualitative et compétitive des produits afin de faire du secteur rural le levier de notre développement économique , social et culturel.
Le ministre d’Etat, ministre de l’Agriculture et de l’Elevage a émis le souhait qu’au sortir des échanges et partages de ce cadre du Hottungo que les conditions de sa pérennisation soient mieux définies et adoptées et surtout préservées. M. Albadé Abouba a réaffirmé à l’assistance l’engagement de son ministère à œuvrer résolument à accompagner le processus conformément aux orientations et aux directives du président de la république Issoufou Mahamadou.
Pour sa part, le ministre de la Renaissance Culturelle, des arts et de la modernisation sociale, M. Assoumana Mallam Issa, a remercié les initiateurs de cet évènement qui s’inscrit dans le plan d’action de son ministère. Le Hottungo et le Habanayé en milieu peulh, la Wassan-kara à Zinder et le Gosso chez les Sonraï, a-t-il indiqué constituent autant d’expressions de promotion de la paix, de la cohésion sociale pour la construction d’un Niger émergent.
Auparavant, le Gouverneur de la région de Dosso, la maire de la commune urbaine de Birni N’Gaouré, la présidente de l’association Kawtal Waafakey ainsi que le représentant des éleveurs se sont réjouis de la réussite de cette première édition du Hottungo de Birni N’Gaouré. L’émir de Gondou a de son côté rappelé l’excellence des relations entre l’Etat de Kebbi au Nigéria et la région de Dosso en général et l’émirat de Gondou et le canton de Birni N’Gaouré en particulier.
Le public a ensuite eu droit à un passage des femmes peulhs portant tout l’équipement de la case d’une jeune mariée reflétant ainsi la culture peulh ; un défilé des bovins, des ovins du canton de Birni N’Gaouré ainsi que ceux des camelins ; des animaux bien entretenus qui ont émerveillé l’assistance. Divers prix en nature ont été remis aux meilleurs dresseurs d’animaux. Le clou des manifestations a été la visite guidée des différents stands.

Mahamane Amadou ANP-ONEP/Dosso

Cinéma : « Ma belle-mère Ma Coépouse » a fait bonne impression chez le public de Niamey

05 Fév 19
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Sorti en 2018 le film fiction « Ma belle-mère Ma Coépouse », un long métrage de 75 minutes du réalisateur Moussa Hamadou Djingarey a fait l’objet d’une cérémonie de première projection le 2 février dernier au Palais des Congrès de Niamey. De nombreux cinéphiles ont fait le déplacement pour apprécier ce film tourné à Agadez, ville du nord Niger avec des acteurs locaux. Le film est en sélection officielle panorama au Festival Panafricain de Cinéma de la Télévision de Ouagadougou (FESPACO) 2019.
Avec « Ma belle-mère Ma Coépouse » le réalisateur Moussa Hamadou Djingarey semble opérer un changement de registre dans ses films de fiction, comparativement à « Hassia, amour ou châtiment » ou « Le pagne » dans lesquels le réalisateur est sur des sujets qui évoquent surtout la souffrance avec des réalités comme le mariage précoce et forcé, le viol et leurs conséquences. Comparée à ces deux films, la fiction «Ma belle-mère Ma Coépouse », est moins bouleversante. Le film tourné en langues Haoussa et Français est plutôt amusant. Sa trame porte sur la vie d’un jeune couple. Raicha une jeune femme touarègue de 25 ans, mariée à Hamada, un instituteur. Mais la vie paisible de ce couple sera mise à rude épreuve par Agaïsha, la mère de Hamada qui, obnubilée par ses préjugés va contraindre son fils à mettre fin à son mariage avec Raicha.
Le réalisateur présente la fiction comme un film à caractère pédagagique. Mais, ce qui est évident, l’aspect comique de ce film du genre comédie a été apprécié par le public qui a fait massivement le déplacement du Palais des congrès de Niamey pour l’avant-première de « Ma belle-mère Ma Coépouse ». Certes il y a de quoi émouvoir dans la séquence où, pour obéir à sa mère, Hamada se sépare de Raicha sa femme. Mais l’on se consolera en comprenant que cela fait partie d’un plan très « théâtrale », auquel recourt le jeune couple en simulant un divorce avec la complicité de Aghali, le mari de la mère de Hamada. Le plan comporte un arrangement qui fait de Raicha la seconde épouse de Aghali : ce sera à la surprise « renversante » pour elle, que la mère de Hamada constatera que sa coépouse n’est rien d’autre que l’ex-femme de son enfant.
Le public a ri beaucoup de la vieille femme qui s’est retrouvée alors confrontée à un autre casse-tête, la vie de polygamie, avec leur mari qui feint de ne s’intéresser qu’à la jeune mariée dont les coquetteries provoquent l’ire et la jalousie de Agaisha. Trop drôle la vieille Agaisha qui s’efforce maladroitement de contrer elle aussi les coquetteries de sa jeune coépouse. Le dénouement du film a été également apprécié par le public, car la vieille a fini par craquer, suppliant la jeune Raicha de divorcer et de reprendre son mari Hamada, avec le ferme engagement d’œuvrer à la tranquillité de leur couple. On retrouve un peu dans « Ma belle-mère Ma Coépouse », les thèmes des autres films de Moussa Hamadou Djingarey : le mariage, la femme, la famille, la tradition, la religion. Certains détails des séquences de cette fiction, rappellent des survivances ou l’emprise de certaines croyances.
Le film de Moussa Hamadou Djingarey met en lumière la vieille ville d’Agadez, dont certains quartiers sont inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ce qu’a réussi à faire le réalisateur avec de bonnes images, en format 4K. Mais c’est « un film à petit budget », financé par le réalisateur. Ce qui explique peut-être le casting du réalisateur, avec un nombre relativement réduit d’acteurs qui du reste, jouent pour la première fois dans un film. Mais pour une première expérience, Aboubacar Hamma, Mariama Boukari, Djamila Almoctar, Bachir Djibo, les principaux acteurs du film, ont fait montre de talent et d’une certaine maitrise de rôle. « Ma belle-mère Ma Coépouse », a fait bonne impression chez le public de Niamey. Il reste à voir l’accueil que le film aura au FESPACO 2019 où il est en sélection officielle panorama.

Souley Moutari(onep)

Concours sous régional de Miss Littérature 2019 : Ali Firdaoussou et Mahamane Alou Arzika Farida défendent les couleurs nationales

01 Fév 19
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Le comité d’organisation de la saison littéraire 2019 a lancé ses activités mardi dernier au Bénin. La présidente du comité d’organisation de ce concours, Mme Carmen Toudonou, lors d’une conférence de presse, a donné des informations générales sur cette édition, notamment la composition du jury, les cadeaux à octroyer et les perspectives. Le Niger est présent à ce concours grâce à sa Miss littérature Melle Ali Firdaoussi, élève au Lycée Clab et sa dauphine, Melle Mahamane Alou Arzika Farida, élève au Lycée Mariama.
Concernant les informations sur l’édition, la présidente du comité d’organisation de ce concours a indiqué que Miss Littérature est cette année à sa troisième édition, après une première édition organisée en 2016, et une 2ème en 2017. Après ces deux éditions nationales et annuelles, le concours est devenu biennal et sous-régional. Le thème de la 3e édition est : »l’écrivain face à la problématique de l’engagement ».
« Nous avons tenu en 2018 les phases nationales, au Niger en mai, ensuite au Bénin en juillet, au Togo en novembre et enfin en Côte d’Ivoire en décembre. Ceci nous a permis de sélectionner deux filles par pays : une Miss et sa dauphine par pays », a t- elle dit avant de préciser que ces huit lauréates prendront part le 27 juillet 2019 à la grande finale sous régionale de Cotonou. Une miss et ses 3 dauphines seront élues. Toutes les finalistes seront primées. Le concours Miss Littérature s’adresse aux jeunes filles, âgées de 18 à 24 ans. Aucun critère physique, à part l’âge et le sexe, n’est exigé.
Le jury de cette édition 2019 est composé d’écrivains et de personnalités du monde culturel, originaires de pays différents de ceux en compétition. «Nous aurons une écrivaine malienne qui présidera le jury, aux côtés d’un écrivain français que nous ferons venir à Cotonou de même qu’un écrivain camerounais», a t- elle souligné.
Parlant du déroulé du concours, elle a expliqué qu’il y aura quatre passages des candidates qui se déclinent par une parade de présentation des candidates, un défilé en tenue traditionnelle plus une présentation originale des candidates, un défilé en tenue de ville, des réponses aux questions de littérature et une tenue de soirée, plus une présentation du roman imposé. Ensuite, des réponses aux questions du jury.
En prélude à la soirée finale, chacune des 8 finalistes recevra un exemplaire du roman africain imposé : il s’agit de Babingo, au nom des acculturés, un excellent roman signé d’un béninois : M. Moussibahou Mazou. En marge de la soirée finale, une conférence débat sur le thème du concours, regroupant tous les écrivains présents à Cotonou dans le cadre de Miss Littérature et les auteurs nationaux, sera organisée, de même qu’une foire-exposition d’ouvrages d’auteurs africains. Il est également prévu une tournée touristique des candidates sur différents sites béninois, pour faire découvrir la richesse de notre patrimoine.
Pour ce qui est des prix à octroyer, la Miss remportera une couronne, une moto, un ordinateur portable, une liseuse, un iPad, un séjour accompagnée d’une dame membre du comité dans un pays à déterminer, un lot de dictionnaires, un lot de livres et divers lots en nature. Les trois dauphines auront chacune un ordinateur portable, une liseuse, un iPad, un lot de dictionnaires, un lot de livres et divers lots en nature (sponsors).
En perspectives, la vision est d’élargir Miss Littérature au plus grand nombre de pays. Pour la biennale 2020-2021, les dispositions sont prises pour que, outre le Bénin, le Niger, la Côte d’Ivoire et le Togo, au moins quatre autres pays fassent partie de l’aventure. Il s’agit du Burkina-Faso, de la Guinée Conakry, du Cameroun et du Mali. Cette liste pourrait s’allonger…

Aïssa Abdoulaye Alfary(onep)

26ème FESPACO : Le Niger en sélection officielle avec trois documentaires en compétition et deux autres films en panorama

31 Jan 19
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La 26ème édition du Festival Panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO) qui se tiendra du 23 février au 2 mars 2019 sous le thème « Mémoire et Avenir des cinémas africains » coïncide avec le cinquantenaire du plus grand rendez-vous cinématographique de l’Afrique et de la diaspora. Le Niger participe à cette biennale avec cinq films.
Trois films documentaires des réalisateurs nigériens figurent dans la sélection officielle, en compétition à la 26ème édition du Festival Panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou(FESPACO). Deux autres films sont annoncés en projection panorama. Pour les films documentaires sélectionnés il y a un long métrage, « Solaire Made in Africa» du réalisateur Saguirou MALAM ; un court métrage « Bibata est partie» de la réalisatrice Nana Hadiza AKAWALA et dans la catégorie film d’école « L’Algaita au cœur du Manga », dont le réalisateur est Ari ADAM de l’Institut de Formation aux Techniques de l’Information et de la Communication (IFTIC).
Un autre film, « AU CŒUR DU BROUILLARD » du nigérien Mohamed BOUREIMA ADAMOU étudiant à l’Institut Supérieur de l’image et du Son/ Studio Ecole / ISIS/SE du Burkina Faso a été sélectionné également dans cette catégorie.
Parmi ces documentaires, « Solaire made in africa » de Saguirou MALAM, sorti en 2017 porte sur l’œuvre de feu Pr Abdou Moumouni ; un hommage à cet illustre chercheur nigérien dont l’Université de Niamey porte le nom. Le film est en compétition pour la catégorie long métrage documentaire qui, avec sa revalorisation, est désormais dotée des Etalons et des poulains. Quant au court métrage « Bibata est partie», de Nana Hadiza AKAWALA, sorti en 2018, il évoque « l’univers des femmes de ménage ».

Les deux films retenus en panorama sont « Etincelles » de Riba Bawa KADADE et « Ma belle mère ma co-épouse » du réalisateur Djingarey MOUSSA HAMADOU, dont le vernissage officiel est annoncé pour le 2 février 2019 au Palais des congrès de Niamey.
Pas de film fiction nigérien en course pour l’étalon d’or de Yennenga

Pour la catégorie film long métrage, où le Niger a remporté en 1972 le premier étalon d’or de Yennenga, le plus prestigieux prix de ce festival, grâce à Oumarou Ganda avec son film le « Wazzou polygame », le pays est non partant à l’édition 2019. Aucun film nigérien n’a été sélectionné, parmi une vingtaine de films d’Afrique en course pour la plus prestigieuse récompense du FESPACO. Ce qui en dit long sur l’évolution de la production cinématographique nigérienne, confrontée à des difficultés.
Mais cette 26ème édition du FESPACO a peut-être quelque chose de motivant pour les «acteurs » du domaine du 7ème au Niger, avec l’hommage qui est annoncé aux classiques du cinéma africains dont feu Oumarou Ganda fait incontestablement partie. Son film le « Wazzou polygame » a eu le mérite de décrocher en 1972 le premier étalon d’or de Yennenga de l’histoire du FESPACO.

Des innovations pour le festival

Une sélection spéciale est au programme de la 26ème édition du FESPACO dans le cadre de la célébration de son cinquantenaire. Il est ainsi prévu des classiques des cinémas d’Afrique et de la diaspora, les films emblématiques des 50 dernières années ; une rétrospective des films étalons d’or de Yennenga ; les films restaurés du patrimoine des cinémas d’Afrique et de la diaspora. En ce qui concerne la compétition des films, il y a une revalorisation pour la catégorie des films documentaire dotée des Etalons et des poulains et d’une salle identifiée pour les galas de projection ; la création d’une nouvelle section pour les films d’animation ; les débats forums des films en compétition, etc.
Au niveau du Marché international du cinéma africain (MICA), qui depuis 1983 se tient en même temps que le FESPACO, il y a des espaces de rencontre/discussions thématiques ; le forum du film d’animation ; la réalisation d’une plate-forme de visionnage en ligne. Et, il y a toujours la tradition du pays invité. Apres l’Egypte en 2015 et la Côte d’Ivoire en 2017, le FESPACO met en lumière lors de cette 26ème édition, le Rwanda qui est le pays invité d’honneur.
Le festival qui allait devenir le FESPACO a vu le jour en 1969, mais c’est en 1972 que l’événement a pris un tournant. C’est l’année où il fut institutionnalisé par l’Etat burkinabé, qui lui apporte un soutien conséquent. Le festival est placé ainsi sous la tutelle du ministère de la Culture. C’est lors de cette troisième édition, celle de 1972, que le festival prend le titre de Festival panafricain de cinéma de Ouagadougou (FESPACO) et un « grand prix du festival » portant le nom d’Étalon de Yennenga (en référence à la princesse Yennenga, mythe fondateur de l’empire Mossi) est créé. Dès lors les films ne sont plus seulement présentés, ils sont désormais en compétition. Les éditions suivantes ont lieu en 1973, 1976, et le Fespaco est devenu bisannuel à partir de 1979. En 1983, le MICA (Marché International du Cinéma africain) est créé. Il a pour but de favoriser la vente et la distribution des films africains en mettant notamment en relation les professionnels du cinéma avec les chaînes de télévision.
Souley Moutari (onep)

Les lauréarts de l’Étalons de Yennenga de 1972 à 2017

1972 – Le Wazzou polygame d’Oumarou Ganda (Niger), 1970, 38 min
1973 – Les Mille et une mains de Souheil Ben Barka (Maroc), 1971, 75 min
1976 – Muna Moto de Jean-Pierre Dikongué Pipa (Cameroun), 1975, 89 min
1979 – Baara de Souleymane Cisse (Mali), 1978, 93 min
1981 – Djeli de Fadika Kramo-Lanciné (Côte d’Ivoire), 1981, 92 min
1983 – Finyé de Souleymane Cissé (Mali), 1982, 105 min
1985 – Histoire d’une rencontre de Brahim Tsaki (Algérie), 1983, 80 min
1987 – Sarraounia de Med Hondo (Mauritanie), 1986, 120 min
1989 – Heritage… Africa de Kwah Ansah (Ghana), 1989, 110 min
1991 – Tilaï d’Idrissa Ouédraogo (Burkina Faso), 1990, 81 min
1993 – Au nom du Christ de Roger Gnoan M’Bala (Côte d’Ivoire), 1993, 82 min
1995 – Guimba de Cheick Oumar Sissoko (Mali), 1995, 93 min
1997 – Buud Yam de Gaston Kaboré (Burkina Faso), 1997, 99 min
1999 – Pièces d’identités de Mwezé Ngangura (Congo RDC), 1998, 97 min
2001 – Ali Zaoua de Nabil Ayouch (Maroc), 2000, 90 min
2003 – Heremakono d’Abderrahmane Sissako (Mauritanie), 2002, 95 min
2005 – Drum de Zola Maseko (Afrique du Sud), 2004, 104 min
2007 – Ezra de Newton Aduaka (Nigéria), 2007, 102 min
2009 – Teza de Hailé Gérima (Éthiopie), 2005, 134 min
2011 – Pégase de Mohamed Mouftakir (Maroc), 2009, 104 min
2013 – Tey (Aujourd’hui) d’Alain Gomis (Sénégal), 2012, 88 min
2015 – Fièvres d’Hicham Ayouch (Maroc), 2014, 90 min
2017 – Félicité d’Alain Gomis (Sénégal) 2017, 129 mn

Niamey: Vernissage de l’exposition « Forêts claires-Forêts obscures » de Melle Fatouma Akina : Coup de projecteur sur les croyances animistes

28 Jan 19
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Le Centre Culturel Franco-Nigérien (CCFN)-Jean Rouch de Niamey a servi de cadre, le 23 janvier dernier, au vernissage de l’exposition de Melle Fatouma Akiné. C’était une exposition agrémentée d’une belle mise en scène. Le thème de l’œuvre est inspiré du livre de l’écrivain sénégalais Felwine Sarr « Dahij ». C’est le Directeur général du CCFN Jean Rouch de Niamey, M. Olivier Lange qui a présidé la cérémonie de lancement de l’exposition qui durera six (6) jours, du 23 au 28 janvier 2019. L’on notait à cette occasion, la présence plusieurs artistes et amateurs d’arts.
L’exposition présente un ensemble de toiles, collages, croyances et trois installations à base d’objets traditionnels et symboliques de la culture nigérienne mélangés à des éléments de récupération. Dans le tableau constituant cette œuvre, le public a apprécié le spectacle de danse-transe accompagné d’un texte de slam. Un cocktail que l’artiste a bien voulu offrir au public.

Pourquoi le choix de ce titre pour un tel spectacle ?

Dans son livre Felwine Sarr écrit qu’il « arrive un jour où chaque homme doit traverser sa propre forêt. Dense ou clairsemée, obscure ou éclaire, (…). Assumer sa part de l’obscurité du monde. Chasser un peu de sa nuit et porter sa part du jour du monde ». C’est cette pensée de fois philosophique et empirique que la jeune artiste a choisi de développer et de traduire en exposition et spectacle. « C’est une pensée que j’ai découverte et qui m’a inspirée. Après mure réflexion j’ai décidé de créer cette œuvre », a confi Melle FatoumaAkiné.
Née au Niger, grandi au Mali et ayant voyagé dans la sous-région et en Libye, Fatouma Akiné revendique son métissage culturel tout en gardant une identité nigérienne forte. Elle a choisi, pour cette première exposition individuelle, d’évoquer l’animisme, l’invisible, l’âme qui habite toute chose. « C’est ça, l’appel de la forêt » explique-t-elle.
Pour suivre ce spectacle, il faut avoir une concentration et surtout garder le sang-froid, car l’artiste laisse voir un tableau mystique. L’exposition a eu lieu dans le hall d’exposition du CCFN. C’est dans un espace sombre, éclairé aux bougies et à des lampes à pétrole que l’artiste a voulu présenter sa danse-transe. Le décor est fait avec plusieurs objets et tableaux qui renvoient à l’animisme. Dans un petit moment l’artiste plonge son public dans les réalités rituelles et les croyances animistes typiques de nos sociétés africaines.
« Si j’ai décidé d’aborder ce thème, c’est parce que j’ai remarqué que cette tradition est devenue comme un tabou et de plus en plus on en parle plus. Et si on n’en parle pas, cette riche tradition disparaitra. Voilà pourquoi j’ai décidé de briser le silence et ressusciter cette belle tradition, cette magnifique culture, cette croyance qui à tout son sens et sa place dans nos sociétés traditionnelles. C’est autant pour moi une manière de dire à ceux qui y croient et qui ont peur d’en parler de se libérer», a déclaré Melle Fatouma Akiné.
Pour sa part, le Directeur Général CCFN Jean Rouch de Niamey, M. Olivier Lange s’est réjoui de cette prestation et a encouragé la jeune artiste. « C’est une jeune fille qui a plein de talent, engagée, déterminée et qui dispose d’un potentiel important. Je la félicite et l’encourage », a-t-il dit.

Ali Maman(onep)

Artiste rappeur Abdoulaye Moussa alias Mirador : Mirador sort son premier album dénommé  »Dan Sarki »

05 Jan 19
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L’artiste Mirador, de son vrai nom Abdoulaye Moussa, s’est véritablement intéressé au mouvement rap dans les années 2006 dans un groupe musical qui n’était pas bien connu en son temps :  »Aka Crew » avec deux de ses amis qui ont finalement abandonné le rap. Evoluant depuis 2008 en carrière solo, aujourd’hui, il travaille sur son premier album  »Dan Sarki », un album dont le vernissage est prévu le 2 février prochain à la Maison des Jeunes Djado Sekou.
D’après Abdoulaye Moussa alias Mirador, avec l’avènement du hip hop, la plupart des musiciens se basent plus sur l’aspect message que sur la musicalité en tant que telle. Mais, au fil du temps, on remarque une certaine évolution qui tend vers l’originalité. Et, c’est cela le côté positif des choses. Ceci a été rendu possible grâce au concours des Centres de formation et des Centres de promotion de la musique. Pour lui, la nouvelle génération fait des efforts en s’inspirant de nos réalités. « Nous avons tous compris qu’il est important de revenir à nos traditions, de se ressourcer au niveau de la base », a-t-il expliqué.
« Le succès de notre musique dépend de la valorisation de notre identité culturelle. Cette musique essaie de se distinguer aujourd’hui avec un cachet qui lui est particulièrement propre, faisant la fierté de notre culture de façon générale à travers plusieurs groupes dont la renommée a franchi les frontières nationales », se réjouit-il.
Saluant les efforts déployés par la première génération d’artistes qui a su faire ses preuves, conciliant traditions et modernités, Mirador de souligner que « ces musiciens ont fait bien bouger le public nigérien car, dit-il, ils se sont au fil du temps beaucoup spécialisés dans la pratique instrumentale ».
Pour lui, ils sont très rares, les artistes musiciens qui jouissent des fruits de leur labeur. « Un artiste doit avoir plusieurs métiers, car l’art ne nourrit pas véritablement son homme. En effet, presque nous tous, pour ne pas dire tous, exercent d’autres métiers en dehors de la musique. Moi, je suis cadreur dans un groupe de presse privée. Et avec, j’essaie de joindre les deux bouts », a indiqué Mirador. Il espère qu’avec les sorties sur scène, il sera plus connu afin d’émerger sur le plan national, voire international. Et pourquoi ne pas participer régulièrement à des spectacles de grande envergure et ainsi il aura l’opportunité d’avoir des commandes. En ce moment seulement, a-t-il ajouté, il peut prétendre à une affirmation de soi, un succès au niveau de la musique.
A l’occasion de son concert qui se déroulera le 2 février prochain à Niamey, le rappeur compte donner le meilleur de lui-même pour répondre aux sollicitations de ses fans. Avec insistance, il dit qu’il souhaite offrir un spectacle à la hauteur des attentes à l’occasion du vernissage de son premier album » Dan Sarki ». Selon lui, le don de soi et de l’énergie seront au rendez-vous.

Des messages symboliques

Il a eu à réaliser plusieurs sons avec des thèmes aussi variés que divers, notamment la paix, l’amour, la cohésion sociale et l’unité nationale. Il se dit très attaché à la tradition et à l’originalité. Il a su exprimer son talent dans le nouveau style musical clash et en 20016-2017, il a été primé meilleur clasheur grâce à un son qui s’appelle clash positif, un son qui incite les rappeurs à donner le meilleur d’eux-mêmes. Cet album comporte des sons porteurs des messages d’amour, d’histoire, de sagesse et de la valorisation de la culture nigérienne, etc. « Depuis 2008, début de ma carrière en musique, nous sommes constants dans notre musique. Nous véhiculons beaucoup de messages à l’ endroit des jeunes, des femmes pour faire d’eux une génération consciente, prête à relever le défi », précise-t-il.
Malgré certaines difficultés que Mirador rencontre dans cette carrière musicale, il n’a qu’un seul objectif : voir la musique nigérienne se développer et pour cela il compte y apporter sa contribution.

Aïssa Abdoulaye Alfary(onep)

Hamsou Garba, la Diva de la chanson nigérienne

01 Déc 18
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Chanteuse à la voix imposante et grande danseuse, âgée aujourd’hui de 58 ans, mère de 6 enfants et grand-mère de quelques petits-fils, a du dynamisme à revendre. Chaleureuse, sympathique et pleine d’entrain, madame Maïga Hamsou Garba est une artiste née, au don incontestable parce qu’elle compose elle-même ses chansons et sa musique. Avec la création de sa radio « Touraki » dénommée « la voix des artistes », la battante Hamsou Garba couronne ainsi son parcours de combattante.

Hamsou a embrassé la chanson par amour, pour cette activité. Dès le bas âge elle passait une grande partie de son temps à chanter et à danser avec ses jeunes camarades d’école et du quartier. Elle a fréquenté l’école jusqu’en classe de CM2 où elle obtint le diplôme de certificat d’Etudes Primaires et Elémentaires (CEPE). Mais, Hamsou Garba confie qu’elle s’intéressait beaucoup plus au chant et la danse, qu’aux études. A la naissance de la «Samaria», une sorte de «mouvement de mobilisation de la jeunesse » à l’époque, elle s’adonna beaucoup à sa passion de chanteuse et danseuse à travers la Samaria du quartier  »Sabongari » où elle faisait partie de la troupe dudit quartier. Après avoir obtenu son diplôme de certificat, elle s’inscrit en cours de dactylographie, pour une formation de deux (2) années à la mission catholique de Niamey au terme de laquelle elle obtint son diplôme qui lui permis d’être engagée pendants 11 ans comme agent dans une banque de la place. C’est alors qu’elle opta de faire du commerce en partant à Lomé (Togo) pour payer des produits qu’elle revendait sur place à Niamey. En plus de ses activités commerciales informelles et surtout par amour pour le chant et la danse, Hamsou devient animatrice du « groupe choc » du Chef de l’Etat Ali Chaïbou où elle se retrouvait souvent à la tête de 1000 à 1500 jeunes à l’aéroport Diori Hamani lors de l’arrivée des Chefs d’Etats des pays amis pour faire de l’animation culturelle. Quelques temps après, son ancien employeur (BIAO) fit appel à elle pour un nouvel engagement mais elle refusa catégoriquement puisqu’elle se dit qu’elle ne peut pas concilier son travail d’agent de banque à sa passion pour l’animation dans le groupe choc.
Elle a ainsi préféré se contenter de son commerce et de son activité d’animatrice. À l’arrivée de la Première Dame Française de l’époque, Madame Françoise Miterrand à Niamey, on fit appel à elle pour faire de l’animation à l’aéroport mais il se trouvait qu’elle était à Lomé dans le cadre de ses activités commerciales. A son retour de Lomé, elle fut appelée par Feu Général Ali Chaïbou et Torda Haïnikoye pour lui demander de choisir le service dans lequel elle préfère être engagée pour y travailler. Elle opta automatiquement pour la Mairie ou district 3 de l’époque à cause de sa proximité avec le quartier où elle résidait. Ayant fondé la troupe de la « Samaria Sabongari » dans laquelle elle passa dix (10) ans à animer et à travailler pour son quartier, elle se décide en 1991 de créer son propre groupe, dénommé « Annashua » dans lequel elle continue à évoluer actuellement. Quelque temps après, toujours en 1991, fut instauré le multipartisme et plusieurs partis politiques virent le jour. Ce fut la ruée pour adhérer à ces partis non seulement pour les militants mais aussi pour les groupes musicaux.
C’est ainsi que Hamsou adhéra au Mouvement National pour la Société de Développement (MNSD Nassara) et dans le cadre des activités de ce parti, explique-t-elle, au temps du Chef de l’Etat du Niger le Général Ali Chaïbou, son groupe a eu à animer plusieurs soirées culturelles au stade municipal de Niamey. Là, son groupe composait des chansons politiques. Mais, ce n’est qu’après, qu’elle entama sa véritable carrière de chanteuse professionnelle ; ce qui fait que de 2008 à 2014, elle eut à produire dix (10) albums qui ont été mis en vente. Il y a trois(3) ans de cela, Hamsou a composé plusieurs autres chansons qui n’ont pas été produites en album. Dans ses chansons en général, elle développe divers thèmes dont les violences faites aux femmes et aux enfants, la scolarisation des jeunes filles, le mariage forcé, la sensibilisation sur la lutte contre le tabac et la drogue, l’unité nationale, les hommes de l’histoire, « mazagé daga », «matan Niger », « matan douniya », etc.
Artiste engagée dans la lutte pour l’émancipation, la promotion de la femme nigérienne, celle des droits de l’enfant et du bien être de la famille, Hamsou Garba a dédié un album entier à la femme et à l’enfant. Elle a produit un autre album dédié une fois de plus à la femme dans le cadre de la Journée Nationale de la Femme Nigérienne édition 2015. Cet album qui comprend dix (10) titres a été dédié à 10 femmes dont l’ancienne ministre de la Promotion de la Femme, Dr Maïkibi Kadidjatou Dan Dobi, Madame Kané Aïchatou Boulama, Colonel Zeïnabou Yabo. « Je chante pour mon pays : la preuve : j’ai composé une chanson intitulée « Yan Niger » ou « enfants du Niger » explique-t-elle. Aussi, elle exhorte les autorités nigériennes à s’impliquer pleinement pour faire de l’autonomisation de la femme une réalité en ce sens que la femme reste et demeure le pilier de la famille.
L’artiste Hamsou a créé un festival intitulé « zanzaro » qui a pour objectif principal la revalorisation de la musique sacrée qui se veut comme un art dans la prise de conscience de la jeunesse. Plusieurs éditions se sont déjà déroulées à la Maison de la Culture « Djado Sékou » de Niamey dont la toute première (1ère) a été lancée en 2010 déjà. Ce festival s’organise autour des « mahalba » ou chasseurs, des « yan taouri » ou invulnérables, des « makéra» ou forgerons, des « wanzam » ou coiffeurs-barbiers, des « yan bori » ou détenteurs de la musique traditionnelle de possession, du « shoro » ou art de combat et des Peulhs « Bororo » du Niger. Ce festival privé accueille, au fur et à mesure des éditions, des pays voisins et amis du Niger et c’est ainsi que l’édition de 2015 a enregistré la participation du Bénin et du Maroc. Selon Hamsou Garba, l’objectif spécifique de ce festival consiste à amener les dépositaires de la tradition à accorder beaucoup plus d’importance à ce grand héritage et à le conserver dans le but de le transmettre aux générations futures.

Zeïnabou Gaoh(onep)

Disparition du musicien nigérien Malam Maman Barka

21 Nov 18
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Grande émotion ce matin au Niger lorsque la presse locale a rapporté le décès du musicien Malam Maman Barka, immensément populaire dans son pays et très connu également au Nigeria voisin. La popularité de Malam Maman Barka s’explique par sa maîtrise du biram, un instrument très particulier, et aussi par ses chansons engagées.

Malam Maman Barka a eu deux vies. Né en 1959 à Tesker, dans le département de Zinder, il embrasse d’abord une carrière de professeur. En dehors des salles de classe, Malam Maman Barka se fait remarquer par sa virtuosité à jouer du ngurumi, un instrument à deux cordes.

Mais c’est avec un autre instrument qu’il va enchaîner les tournées et les concerts. Le biram, instrument à cinq cordes montées sur une caisse de résonance en forme de pirogue, est un instrument mythique de la région du lac Tchad. Les pêcheurs nomades buduma vouent à cette sorte de harpe, de calebasse, un culte quasi sacré.

Malam Maman Barka apprend à en jouer auprès du dernier maître encore en vie, qui lui cède son propre instrument. Un biram que le musicien emmènera sur les scènes du monde, au Maroc, en France ou en Allemagne.

Malam Maman Barka chantait en buduma, en toubou ou en haoussa, mais pas seulement des textes traditionnels. Niger mon beau pays, était un hommage à son peuple, à ses ressources naturelles et Presse libre un hymne à l’engagement des journalistes.

Le musicien doit être inhumé cet après-midi, le 21 novembre, au cimetière de Niamey, la capitale nigérienne.

 

RFI

Admission du groupe Sogha au Conseil Africain de la Musique : Pour le rayonnement de la musique nigérienne

12 Oct 18
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Le Comité Exécutif du Conseil Africain de la Musique dont le siège est basé à Brazzaville au Congo a décidé d’admettre le groupe nigérien Sogha comme membre du Conseil dans la catégorie des organisations nationales et spécialisées. L’annonce a été faite par l’administratrice du groupe Sogha, Aichatou Ali Soumaila dite Aïchatou Dankwali, lors d’une interview qu’elle a bien voulu nous accorder.

Pour elle, cette adhésion du groupe permet de bénéficier d’un large éventail de privilèges, notamment la possibilité de mise en réseau avec les membres du Conseil Africain de la Musique en Afrique et la possibilité d’être soutenu dans leurs activités de plaidoyer et d’avoir une visibilité sur le site internet , de nominer des projets et programmes pour les récompenses des droits musicaux, des tarifs préférentiels pour la participation à des évènements organisés au niveau régional.
« Sur instruction d’un ancien ministre de la Culture burkinabé, nous avions envoyé le dossier du groupe avec tous les papiers demandés et quelques mois après on m’appelle pour me notifier notre admission au sein du Conseil. C’est un grand plaisir de faire partie des membres de cette organisation continentale. Pour moi, ce fut une surprise, en envoyant le dossier, je n’y croyais pas trop, car Sogha est une industrie culturelle sur laquelle il faut compter ; sur proposition de cet homme de la culture, en un temps record, le tour est joué », dit-elle.
« Avec cette adhésion, nous avons le devoir de représenter ce conseil au niveau national, car nous sommes leurs correspondants directs. C’est une aubaine pour nous, car après plus d’une décennie de combat, le pays se fera connaitre davantage à travers plusieurs participations à des rencontres culturelles, une opportunité que nous allons saisir dans toute sa plénitude pour hisser le drapeau nigérien », a-t-elle souligné. Et d’ajouter : « On fait le combat pour nous et pour le pays ; la lutte pour promouvoir la culture nigérienne ne pourra bien se faire que quand on est entouré par ses pairs ; cela motive plus et nous permettra de bien nous positionner à l’extérieur ».
Evoquant l’historique de ce groupe, Aichatou précise : « Sôgha, le nom de notre groupe, signifie en langue zarma-sonrhaï  »beau ». Nous travaillons sur tout ce qui est beauté dans l’art, dans l’art traditionnel surtout parce que notre musique, notre accoutrement, nos chansons sont puisés du terroir national. Donc, tout ce qui est beauté dans l’art nigérien ; c’est sur cela que nous nous basons pour créer notre industrie », a dit l’administratrice du groupe. Le groupe a été créé en 2004 en vue de représenter le Niger aux 5èmes Jeux de la Francophonie en 2005 et ça a été le déclic, car le groupe a été sélectionné parmi les cinq meilleurs au concours. Il comprend douze (12) membres dont trois (3) lead vocal, les instrumentistes, les guitaristes, les chorégraphes issus de différents groupes musicaux qui ont eu à faire leurs preuves dans leurs groupes respectifs. Il a été aussi créé pour mettre en valeur la chanson féminine, car au Niger, la chanson féminine est assez timide ».
Le Conseil Africain de la Musique (CAM) est une organisation non-gouvernementale à but non lucratif créée le 13 juillet 2007 au bureau de l’UNESCO à Brazzaville. Un accord de siège a été signé en juin 2013 avec le gouvernement de la République du Congo. Le Conseil Africain de la Musique est un organe régional du Conseil International de la Musique (CIM), le plus grand réseau mondial d’organisations et d’institutions œuvrant dans le domaine de la musique. Le CAM est une organisation non-gouvernementale partenaire officiel de l’UNESCO. La vision du Conseil Africain de la Musique est de servir un idéal d’humanité par le soutien actif à la créativité musicale, la connaissance mutuelle, la préservation, l’innovation et le dialogue entre les cultures en Afrique et dans le monde.
Aïssa Abdoulaye Alfary(onep)

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