Catégorie : Cinéma

Portrait d’artiste : Solange Delanne ou Toula, la jeune fille sacrifiée au génie des eaux

23 Mar 19
voiceniger

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L’actrice principale du film fiction de ”Toula” du réalisateur nigérien feu Moustapha Alassane a aujourd’hui la soixantaine sonnée. L’ancienne actrice incarnait la fille sacrifiée par son oncle, le roi du village de ”Yalambouli” où loge dans la mare un génie. ”Toula” est aujourd’hui mère de deux enfants (une fille et un garçon). Depuis sa retraite, Solange Delanne vit en France où elle dirige une association de chorale. « Nous organisons des concerts dans les lieux de culte religieux pour collecter des recettes afin de soutenir des centres d’orphelinat ou des centres médicaux en produits pharmaceutiques. Nous faisons des actions de charité pour aider les enfants en difficulté», a-t-elle
expliqué.

Le contexte du film
Parlant du titre du film fiction en question, ”Toula”, l’artiste pense que c’est toute une culture, c’est tout un peuple, tout un Niger. Le film est tiré de la légende qui raconte le sacrifice d’une jeune fille pour mettre fin à la colère des dieux, qui font régner une terrible sécheresse sur le pays. Il n’y a plus d’espoir pour les hommes ni pour les animaux. Un devin convoqué par le roi exige le sacrifice d’une jeune femme pour apaiser leur colère. C’est ainsi que Toula est désignée. En face de la situation, un jeune homme amoureux de Toula, le nommé Ado, décide de la sauver. Ce dernier décide de partir à la recherche de l’eau pour sauver sa bien-aimée et éviter le sacrifice. Mais quand il revient avec de bonnes nouvelles de l’eau, il est trop tard : le sacrifice est déjà fait. Les dieux ont été satisfaits et Toula a disparu dans l’étang sacré, avalée par le génie des eaux qui est un serpent.

Casting de la fiction
Solange Delanne a été détectée à l’âge de 17 ans par le réalisateur du film lors de la semaine sportive scolaire. Elle était une jeune lycéenne jouant dans l’équipe de basketball du Niger. Le fait de jouer le rôle de ”Toula” n’avait pas provoqué de résistance auprès de ses parents. Au contraire, a-t-elle indiqué, sa famille l’avait encouragée. « J’étais une jeune fille très attirée par ma culture. Ceci m’avait motivé à accepter d’être l’actrice. Et depuis ce film, je n’avais plus continué la carrière du cinéma. Vous savez, dans la vie, il y a des choses qui arrivent d’elles même. Après, j’avais poursuivi mes études en lettres modernes et je me suis mariée pour avoir une fille et un garçon qui sont devenus tous grands», a-t-elle confié.
Après ses études à l’université de Niamey, elle avait enseigné l’anglais et le japonais au CEG I de Niamey en qualité d’auxiliaire. Toula était traductrice d’anglais en français avec le programme de l’USAID. Elle avait également également travaillé avec le corps de la paix. Solange Delanne a ensuite passé 17 ans à l’ICRISAT en tantqu’adjointe à l’administration de l’institution.
Pour l’actrice, le film peut être revu et amélioré surtout avec le développement de la technologie en matière d’audiovisuel. Mais, «la vision de l’un est différente de l’autre en matière d’œuvre. Sinon, Moustapha Alassane a sa propre inspiration dans la réalisation du film de ”Toula” tourné ici même à Niamey», apprécie-t-elle avant d’appeler les jeunes artistes à vivre leur passion et dépasser ses limites pour défendre leur identité et les intérêts de leur pays.

 

Lesahel.org

Cinéma: Bibata est partie : La véritable histoire d’une femme

05 Mar 19
voiceniger

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Sorti en 2018, le film “Bibata est partie”, est un court métrage de 30 mn de la réalisatrice nigérienne Nana Hadiza Akawala. Dans ce documentaire, elle est à la recherche de son amie perdue de vue depuis une dizaine d’années. En selection aux compétitions du 26ème FESPACO, le film tourné en langue Zarma, et sous titré en français a été projeté le 27 février dernier au ciné Nerwaya de Ouagadougou.

Bibata était une de ces femmes communément appelée “bonne”. Elle était la femme de ménage de la famille de la réalisatrice. Un jour, Bibata a dû rentrer dans son village pour rejoindre son mari de retour d’exode. La femme avait promis de revenir après quelques jours, mais elle ne reviendra jamais. Une dizaine d’années après, Nana Hadiza Akawala a décidé d’aller à la recherche de son amie, qui lui avait laissé en guise de souvenir un petit objet artisanal. Malheureusement au bout d’une quête qui l’amène des rues et bidons villes de Niamey, à Kobi, le village où finalement Bibata s’était remariée, la réalisatrice apprend la triste nouvelle : Bibata est partie à jamais, car elle a perdu la vie, en donnant naissance à son troisième enfant, une petite fille.
Le documentaire est émouvant dans cette séquence où la réalisatrice est présentée aux trois enfants de sa défunte amie. Elle se console avec foi, se disant qu’en fait elle a retrouvé Bibata, car elle a vu ses propres enfants.
Dans la recherche de son amie Bibata, la réalisatrice explore l’univers de ces travailleuses domestiques vivant dans les bidon-villes de Niamey. Ce troisième documentaire professionnel de Nana Hadiza Akawala jette un faisceau de lumière
sur le milieu de ces travailleuses domestiques appelées “bonnes”. On découvre ainsi cette communauté, composée de femmes immigrées de tous les âges, attachées à leur tradition, en quête d’un mieux être pour elles et leurs familles laissées dans les villages.
Aussi, ce documentaire plaide pour une humanisation des rapports entre les employeurs et les travailleurs domestiques, en l’occurrence les “bonnes”.

Fin de la 26ème édition du FESPACO : L’étalon d’or de Yennenga pour Joel Karekezi du Rwanda avec ”the Mercy of the jungle”

04 Mar 19
voiceniger
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Les lampions du 26ème Festival Panafricain du Cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO) se sont éteintes le 2 mars dernier au Palais des sports de Ouaga 2000, avec une cérémonie officielle de clôture très grandiose. Plusieurs personnalités dont les présidents Paul Kagamé du Rwanda, Ibrahim Boubacar Keita du Mali et l’ancien président ghanéen John Jerry Rawlings étaient à cette occasion aux côtés de Roch Marc Christian Kaboré, président du Faso. À l’issue d’une cérémonie riche en décibels et en animation, les lauréats de cette 26ème biennale ont été dévoilés avec comme point d’orgue l’annonce du nom du réalisateur qui a remporté l’étalon d’or de Yennenga, le jeune rwandais, Joel Karekezi avec son film the Mercy of the jungle, 90 mn, sorti en 2018.
La fiction qui a remporté l’étalon d’or de Yennenga a pour sujet les conflits qui se déroulent entre des groupes armés et des forces régulières dans cette zone poudrière de la République Démocratique du Congo vers le Rwanda. À travers ce film, le réalisateur porte un regard sur une guerre floue. Le trophée est accompagné d’un montant de 20 millions de francs CFA. Aussi, le prix de la meilleure interprétation masculine a été décerné à Marc Zinga, l’acteur principal du film qui a joué le rôle du sergent Xavier. Le Rwanda pays invité de cette 26ème édition du FESPACO a fait ainsi une mémorable participation.
Pour ce qui est de l’étalon d’argent, il a été décerné au réalisateur égyptien Khaled Youssef pour son film ”Karma”. L’étalon de bronze est revenu au tunisien Ben Mohamoud pour son film ”Fatwa”. Cette fiction qui évoque la question du radicalisme religieux a eu également le prix de l’Union Africaine pour la paix et la sécurité. Des prix techniques ont été attribués à d’autres fictions dont ”Rafiki”, ”Desrances”, ”Keteke”,…
À partir de cette édition les documentaires en compétition sont dotés du trophée de l’étalon d’or de Yennenga et 10 millions de francs CFA.

C’est la jeune réalisatrice burkinabè Aicha Boro, qui est la première lauréate de ce prix avec son documentaire ”le loup d’or de Balolé”.
Pour les prix spéciaux, le Burkina Faso s’est imposé en raflant six sur les 14 qui ont été décernés. « Desrances » de la Burkinabè Apolline Traoré a eu deux prix spéciaux de dix millions FCFA. Il faut ajouter également pour le Burkina Faso le deuxième prix des films des écoles décerné à Ismael Césaire Kafando de l’Institut Supérieur de l’image et du Son/ Studio Ecole / ISIS/SE, avec « Maison de retraite ».
Environ 110 millions FCFA ont été décernés à des longs et courts métrages et à des films documentaires pour les 14 prix spéciaux, qui sont accompagnés de trophées.
Intervenant à la clôture du FESPACO, le délégué général a indiqué que plus de 140 millions de francs CFA ont été distribués pour les différents prix. Et plus de 400 séances de projections ont eu lieu dans les différentes salles de cinéma de la ville.

 

Le Sahel

Cinéma : « Ma belle-mère Ma Coépouse » a fait bonne impression chez le public de Niamey

05 Fév 19
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Sorti en 2018 le film fiction « Ma belle-mère Ma Coépouse », un long métrage de 75 minutes du réalisateur Moussa Hamadou Djingarey a fait l’objet d’une cérémonie de première projection le 2 février dernier au Palais des Congrès de Niamey. De nombreux cinéphiles ont fait le déplacement pour apprécier ce film tourné à Agadez, ville du nord Niger avec des acteurs locaux. Le film est en sélection officielle panorama au Festival Panafricain de Cinéma de la Télévision de Ouagadougou (FESPACO) 2019.
Avec « Ma belle-mère Ma Coépouse » le réalisateur Moussa Hamadou Djingarey semble opérer un changement de registre dans ses films de fiction, comparativement à « Hassia, amour ou châtiment » ou « Le pagne » dans lesquels le réalisateur est sur des sujets qui évoquent surtout la souffrance avec des réalités comme le mariage précoce et forcé, le viol et leurs conséquences. Comparée à ces deux films, la fiction «Ma belle-mère Ma Coépouse », est moins bouleversante. Le film tourné en langues Haoussa et Français est plutôt amusant. Sa trame porte sur la vie d’un jeune couple. Raicha une jeune femme touarègue de 25 ans, mariée à Hamada, un instituteur. Mais la vie paisible de ce couple sera mise à rude épreuve par Agaïsha, la mère de Hamada qui, obnubilée par ses préjugés va contraindre son fils à mettre fin à son mariage avec Raicha.
Le réalisateur présente la fiction comme un film à caractère pédagagique. Mais, ce qui est évident, l’aspect comique de ce film du genre comédie a été apprécié par le public qui a fait massivement le déplacement du Palais des congrès de Niamey pour l’avant-première de « Ma belle-mère Ma Coépouse ». Certes il y a de quoi émouvoir dans la séquence où, pour obéir à sa mère, Hamada se sépare de Raicha sa femme. Mais l’on se consolera en comprenant que cela fait partie d’un plan très « théâtrale », auquel recourt le jeune couple en simulant un divorce avec la complicité de Aghali, le mari de la mère de Hamada. Le plan comporte un arrangement qui fait de Raicha la seconde épouse de Aghali : ce sera à la surprise “renversante” pour elle, que la mère de Hamada constatera que sa coépouse n’est rien d’autre que l’ex-femme de son enfant.
Le public a ri beaucoup de la vieille femme qui s’est retrouvée alors confrontée à un autre casse-tête, la vie de polygamie, avec leur mari qui feint de ne s’intéresser qu’à la jeune mariée dont les coquetteries provoquent l’ire et la jalousie de Agaisha. Trop drôle la vieille Agaisha qui s’efforce maladroitement de contrer elle aussi les coquetteries de sa jeune coépouse. Le dénouement du film a été également apprécié par le public, car la vieille a fini par craquer, suppliant la jeune Raicha de divorcer et de reprendre son mari Hamada, avec le ferme engagement d’œuvrer à la tranquillité de leur couple. On retrouve un peu dans « Ma belle-mère Ma Coépouse », les thèmes des autres films de Moussa Hamadou Djingarey : le mariage, la femme, la famille, la tradition, la religion. Certains détails des séquences de cette fiction, rappellent des survivances ou l’emprise de certaines croyances.
Le film de Moussa Hamadou Djingarey met en lumière la vieille ville d’Agadez, dont certains quartiers sont inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ce qu’a réussi à faire le réalisateur avec de bonnes images, en format 4K. Mais c’est « un film à petit budget », financé par le réalisateur. Ce qui explique peut-être le casting du réalisateur, avec un nombre relativement réduit d’acteurs qui du reste, jouent pour la première fois dans un film. Mais pour une première expérience, Aboubacar Hamma, Mariama Boukari, Djamila Almoctar, Bachir Djibo, les principaux acteurs du film, ont fait montre de talent et d’une certaine maitrise de rôle. « Ma belle-mère Ma Coépouse », a fait bonne impression chez le public de Niamey. Il reste à voir l’accueil que le film aura au FESPACO 2019 où il est en sélection officielle panorama.

Souley Moutari(onep)

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